L’ascension de Kamala Harris au sein des démocrates américains

La sénatrice de Californie, Kamala Harris, a su asseoir son autorité lors des débats pour l’investiture démocrate. Résultat: elle fait une percée dans les sondages. Joe Biden reste le favori mais est affaibli, tout comme Bernie Sanders.

Les Américains s’attendaient à un duel entre les deux seniors de la course aux primaires démocrates: Joe Biden et Bernie Sanders. Pourtant, à l’issue des débats entre les candidats à l’investiture 2020, deux femmes sont sorties du lot: Kamala Harris et Elizabeth Warren. Une semaine plus tard, les sondages confirment qu’elles se sont installées dans le quatuor de tête.

Kamala Harris, sénatrice de Californie, a réalisé la plus grande percée. Bénéficiant jusqu’alors d’environ 7% des intentions de vote, elle est désormais deuxième, ex aequo avec le socialiste du Vermont Bernie Sanders (14,7% et 14,8% respectivement, selon la moyenne de Real Clear Politics). Elle se place juste derrière un Joe Biden affaibli qui maintient tout de même sa première position avec 27,2% des intentions de vote contre 32% avant les débats. Elizabeth Warren est quatrième, avec 13,5%.

Femme à poigne

Les coups de fils de potentiels mécènes affluent.

L’ascension de Kamala Harris n’a pas surpris ceux qui la suivent depuis longtemps. Jusqu’ici, elle menait une campagne sans accroc. Mais les débats promettaient de donner à cette procureure de carrière l’occasion de démontrer sa poigne – et il en faudra face à Donald Trump. Mission accomplie. Elle qui s’était fait remarquer pour ses interrogatoires musclés de membres de l’équipe Trump en commission sénatoriale n’a pas manqué de prendre de la hauteur face à ses concurrents qui se coupaient la parole.

Son coup d’éclat est arrivé lorsqu’elle a reproché à Joe Biden de s’être opposé au «busing» obligatoire. Ce dispositif, dont elle a bénéficié, permettait aux enfants noirs d’être emmenés en bus dans les écoles majoritairement blanches afin de promouvoir la mixité raciale.

Les donations affluent

Née d’un père jamaïcain et d’une mère indienne, la candidate de 54 ans compte bien rallier le vote afro-américain, crucial pour les démocrates. Elle a adopté certaines des propositions de Bernie Sanders, comme l’assurance santé publique universelle. Ses détracteurs lui reprochent cependant ses positions sévères en matière criminelle lorsqu’elle était procureure générale de Californie.

«Cette petite fille, c’était moi.»

Kamala Harris

Et ils n’ont pas manqué de souligner le côté orchestré de sa sortie sur le busing: dès le lendemain des débats, son équipe de campagne proposait déjà des T-shirts à l’effigie d’une Kamala enfant et avec pour légende «Cette petite fille, c’était moi.» Mercredi, alors qu’on lui demandait si elle était favorable au busing obligatoire aujourd’hui, elle a botté en touche…

Reste que sa performance de jeudi dernier lui a permis d’attirer les portefeuilles. Sa campagne a ainsi reçu 2 millions de dollars de contributions dans les 24 heures après le débat, et les coups de fils de potentiels mécènes affluent. L’équipe de Joe Biden a lui récolté 21,5 millions de dollars depuis fin avril. Mais les inquiétudes grandissent. L’investisseur de la Silicon Valley Tom McInerney, crucial donateur de Barack Obama, lui a retiré son soutien. «J’ose imaginer que je ne suis pas le seul», a-t-il déclaré. Surtout, la somme déjà récoltée par Donald Trump ces trois derniers mois, 105 millions de dollars, a de quoi faire pâlir tous les démocrates.

Источник: Lecho.be

Share

You may also like...