Le plan de LRM pour « chasser » les élus de gauche ulcère le PS

Une note confidentielle rédigée par le directeur de cabinet de Richard Ferrand et révélée par « Le Point » crée une polémique avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.

Par et Publié aujourd’hui à 21h30

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Une stratégie pour « imposer » au Parti socialiste (PS) un « choc » et le contraindre à accepter des soutiens de La République en marche (LRM). Un « calendrier symbolique » pour « rassurer les élus socialistes » tentés de s’allier avec les macronistes et une « taskforce pourchasserles maires » de gauche. Tel est le plan de bataille en vue des élections municipales détaillé par l’un des stratèges de LRM dans une note dévoilée jeudi 4 juillet par Le Point. Son auteur : Jean-Marie Girier, 34 ans, ancien directeur d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017.

Ce dernier, grand habitué des fonctions politiques de l’ombre, ancien proche collaborateur de Gérard Collomb à Lyon puis au ministère de l’intérieur, est aujourd’hui directeur de cabinet de Richard Ferrand, président LRM de l’Assemblée nationale. Et le document, daté du 21 juin, imprimé sur un papier à en-tête de l’institution, est tombé entre les mains d’Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. Il lui est parvenu par une voie détournée après la parution de l’entrefilet dans Le Point : une militante se l’est vue adressée par voie postale, puis un secrétaire fédéral.

« Les barbouzes de la République, ça continue »

Le socialiste s’est empressé de publier la note sur Twitter, non pas pour dénoncer la guerre ouverte contre son parti mais ce qu’elle suggère par ailleurs : la mobilisation de collaborateurs de ministres, de l’Elysée et de M. Girier lui-même à des fins de stratégie politique partisane. L’extrait diffusé par M. Faure suggère la création d’un « cercle opérationnel macroniste pour traiter les maires socialistes », composé de plusieurs membres de cabinets. Il n’en fallait pas moins pour que le chef du PS accuse la Macronie de détournement de fonds publics. « Où l’on découvre qu’au-delà de l’Assemblée nationale, les membres des cabinets ministériels servent à d’autres missions que celles pour lesquelles ils sont payés. Les barbouzes de la République ça continue, un an après Benalla ! », s’est-il indigné sur Twitter.

« Nous avons le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale qui s’occupe directement de la campagne municipale en s’appuyant sur un réseau de conseillers ministériels ! C’est une affaire dirigée au cœur de l’Etat », renchérit le député de Seine-et-Marne auprès du Monde. « On est dans un Etat de droit où des moyens publics sont détournés pour des positions partisanes », assène encore M. Faure, qui fait la comparaison avec l’affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen, soupçonnés d’avoir été rémunérés pour d’autres tâches que celles liées au travail parlementaire.

Источник: Lemonde.fr

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